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Retouche photo Publié le 9 août 2016

Bien choisir son écran de retouche photo

Le calibrage est une étape incontournable pour avoir un aperçu correct des couleurs et des contrastes que vous obtiendrez sur vos tirages. Mais cette opération demande d'avoir une connaissance minimale de votre environnement de travail et, surtout, elle ne peut se faire que sur un écran qui s'y prête ! Quelques précisions techniques…

 

ecrans

 


Dalle IPS et gamut large : les incontournables

 

Avant toute chose, il ne sert à rien de calibrer un écran si ce dernier a un gamut (le gamut est la plage de couleurs qu'il est capable d'afficher) trop faible : vous constaterez alors toujours, quoi que vous fassiez, un fossé entre votre aperçu et ce que vous obtiendrez sur une sortie professionnelle. N’espérez donc pas de bons résultats si vous travaillez sur des écrans de PC portables : certains d'entre eux couvrent à peine 70 % de l'espace colorimétrique sRGB…

A l'opposé, les écrans dits 'large gamut', c’est à dire couvrant près de 100% du profil Adobe98, sont, eux, presque 'trop' performants : vous verrez bien quelques valeurs de saturation supplémentaires, dans les verts notamment, mais vous ne pourrez que très rarement les retrouver sur vos tirages ! 

 

Autre point important, il faut que l'image affichée ne varie pas en fonction de votre position par rapport à l'écran. Vous avez déjà pu observer ce défaut de nombreux (vieux) moniteurs : quand vous regardez votre image de biais, elle parait bien plus foncée, devenant parfois irisée… Si ce travers se fait de de plus en plus rare il vaut mieux, pour éviter d'y être confronté, opter pour des écrans dont la dalle utilise la technologie IPS (In-Plane Switching : l'angle des cristaux liquides est perpendiculaire à l'alignement des LED). En plus de garantir très peu de variation chromatique en fonction de l'angle de vision, elle offre un bon rendu des couleurs. Petit défaut cependant : un temps de réponse relativement lent, qui fait de cette technologie un choix de seconde main pour les joueurs ou la vidéo, mais qui n'est en rien un frein pour les retoucheurs d'images.

Il est à noter que cette technologie IPS est celle employée sur les McBook Pro ou les écrans Retina ; mais ces derniers ont un défaut de taille… ils brillent ! Leur surface lisse flatte les contrastes, densifie les noirs et compense le manque naturel de profondeur des dalles IPS. Mais, au tirage, tout paraît bien fade… à proscrire donc.

 

Pour résumer : choisissez un écran proposant un gamut étendu (sans aller jusqu'à avoir tout le gamut de l'Adobe98, assurez-vous d'avoir au moins celui du sRGB), que sa dalle soit matte, et qu'il utilise la technologie IPS (ou la OLED, un standard appelé à se développer).

Le 'graal' de la retouche photo sont les écrans Eizo, dont l'excellence n'est plus à prouver. Mais de nombreux modèles, à des tarifs bien plus abordables, proposent aujourd'hui des performances tout à fait honorables ; vous pourrez trouver de très bons tests comparatifs sur le site d'Arnaud Frich, une référence pour tout ce qui est gestion des couleurs !

 

Bien calibrer son écran

 

Nous avons précédemment décrit l'intérêt des calibrages d'écran à l'aide d'une sonde – une étape incontournable si vous souhaitez maitriser un tant soit peu le rendu de vos tirages. Vous avez maintenant choisi un bon écran, voici les derniers conseils pour optimiser votre affichage…

 

Tout d'abord, assurez-vous de travailler dans un environnement qui ne soit pas trop lumineux et placez une casquette sur votre écran : en plus de le protéger des pollutions générées par les éclairages ambients, elle vous obligera à conserver un angle de vision frontal, évitant ainsi des variations chromatiques malvenues.

Il est à noter que notre œil s'est maintenant habitué à des écrans très lumineux – trop, la plupart du temps. Même les écrans sortis d’usines sont vendus avec des réglages trop éclatants ! De fait, le passage au support papier s'accompagne souvent d'une impression de perte de luminosité ; pour éviter cette dernière, travaillez plutôt sur des écrans moins éclairés, aux alentours de 80 à 100 candela au m2. Vous pouvez monter un peu cette valeur si vous travaillez dans un pièce très lumineuse, mais il est d'usage de ne pas dépasser les 120 cd/m2 pour une utilisation print.

Pour la petite histoire, notre œil s'est tellement habitué au rétroéclairage des écrans que même les papiers intègrent aujourd'hui dans leur surfaçage des azurants optiques, des particules phosphorescentes !

 

Autre facteur important : la température des couleurs, qui s'exprime en Kelvins (K). La lumière du jour a une température moyenne de 5000 K, la plage allant de 4000 à 5000 K étant considérée comme un 'blanc neutre'. En dessous, on a un blanc chaud, au-dessus un blanc froid. La température des écrans est en général plutôt froide, avec une dominante bleutée, pouvant monter jusqu'à 7000 K… Il faut donc aussi corriger ce travers. Pour l'impression, préférez un réglage plus 'chaud', à moins de 6000 K si possible, qui sera toujours plus proche du rendu papier.

Bien entendu, ce réglage dépend, encore une fois, de l'ambiance lumineuse de votre pièce : si vous travaillez entouré de bougies ou de vieilles lampes à incandescence, vous ne verrez pas la même chose que dos à une fenêtre en plein jour !

 

Dans tous les cas, il n'existe pas de 'solution parfaite'. Une large part est toujours laissée à la subjectivité de l'opérateur, et des essais seront nécessaires avant que vous trouviez le bon équilibre entre le rendu de vos tirages photo et ce que vous voyez à l'écran… mais un bon écran et un bon calibrage vous feront gagner beaucoup de temps !

 

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