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En photo Publié le 1 juillet 2015

Gueule d’Ange – Numéro 1 – Pierre Terrasson, Cali Rézo

Cali Rézo, peintre numérique & Pierre Terrasson, photographe



Cali, infographiste, dessinatrice, blogueuse très (ré)créative, Cali possède un talent incontestable pour planter le décor de son univers hyper-sensible, où se mèlent références et réflexion artistique. Une artiste à découvrir et à suivre ! 

Pierre, un répertoire plutôt impressionnant pour ce photographe très rock’n roll qui tourne autour de la scène et du studio pour immortaliser les talents en devenir et les monstres sacrés de la musique. 
Son fil rouge : l’énergie. 


Cali Rézo, l'âme et la manière



Lorsque Cali termine ses études à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 1992, elle choisi d’enrichir son talent d’illustratrice de nouvelles compétences numériques, en se dirigeant vers les applications de l’image de synthèse. 

Elle exerce aujourd’hui en tant qu’infographiste free-lance dans les domaines de l’illustration pour la presse papier (Femina magazine, Computers Arts, Création numérique) ou interactive (cédéroms éducatifs chez vv) et du mapping1 pour la publicité et le cinéma. Très indépendante jusque dans ses oeuvres de commandes, Cali préserve son univers de trop de malversations car c’est une introspection profondément sincère qui sert de fil rouge à ses images. 

L’équilibre et l’apparente simplicité de sa palette de couleurs permettent l’impact fort d’une permière lecture mais ce sont avant tout les jeux de lumières et de textures qui occupent le rôle principal de l’univers de Cali, aux côtés de ses hommages personnels (amis, famille, artistes de référence) et de ses plaisirs récurrents (déguisements, rêveries aquatiques, suggestions cinématographiques). 

Souvent mise en scène elle-même pour des raisons pratiques bien compréhensibles, Cali nousparle de romantisme, d’orientalisme et de langueur… et de bien d’autres choses caressantes et fantaisistes qu’il tient à vous d’explorer en visitant son site et son blog très complets (voir pages suivantes). 

Cali explique souvent ses méthodes de travail à un public surpris du rendu de ses oeuvres et qui pense à des photos retouchées. Si elle travaille sous Photoshop et photographie effectivement la pose et de l’ambiance choisie pour conserver une référence – combien d’artistes épargnent ainsi depuis plus d’un siècle, de longues séances à leurs modèles ?… – , Cali peint et compose avec les outils du numérique qu’elle maîtrise assurément, profitant ainsi de leurs avantages (gain de temps pour la reproduction, couleurs fidèles, etc..) pour pratiquer des prix de vente sans prétention. Vous trouverez un «Pas à pas animé» sur chacun de ses deux sites. 

 

Trois étapes d’un «pas à pas» 



Sur son site1, vous trouverez une partie professionnelle qui rassemble publications et travaux orientés par son agent2, et une partie personnelle qui rassemble ses peintures – commandables jusqu’au format 40×60 cm pour une partie – classés par modèles et par moments colorés. Egalement un répertoire en or de liens vers des créatifs amis et/ou admirés qui vous emmènent passer d’autres longs moments sur le web… 

Sous une forme très ludique, les rubriques du blog de Cali, «De l’autre côté des cailloux» 3, continuent de parler de l’image, des expérimentions et des plaisirs visuels. On navigue ici dans un univers sensible, où se mêle humour potache et poésie du journal intime. Intelligent, émouvant et drôle, ce jardin pas très zen possède les grandes qualités d’un blog parfait : créativité débordante, mise à jour quotidienne, disponibilité de l’artiste, sincérité et plaisir de l’échange. 

En empruntant tous les chemins, pour parler de la sensorialité, du souvenir, de la création, de l’attachement, des envies et d’elle-même, Cali nous entraîne à regarder ce qui nous entoure avec attention et empathie. C’est donc tout naturellement que ce lieu de dialogue et de découverte attire les «imaginatifs» de tout poil qui contribuent à la fraîcheur du site. 

L’autre côté des cailloux a conquis le coeur des internautes depuis quelques années : il se place aujourdhui en 2ème position du concours des blogs de l’année 20054 et son succès va grandissant.

En vous balladant sur ces deux sites, vous croiserez pêle-mêle un scrapbook virtuel (Passé Composé), des questionnaires-listages-collages existentiels (7 choses que vous voulez faire avant de mourir, (ce que) je ne sais pas (ce que) je ne veux pas, etc.), une radio pré-enregistrée (créée par l’un des talentueux complices de Cali – voir www.zanorg.com), une boutique en ligne de caligraphismes imprimés aux allures tribales, une sélection impressionnante de liens vers d’autres blogs originaux, variés et souvent extrêmement pros. 

Je n’ai pas besoin de vous dire combien Cali m’a tapé dans l’oeil …, je me contenterai donc de vous inviter à la visiter et de vous dire au passage que cette artiste très discrète s’exposerait avec plaisir sur des murs accueillants… avis aux amateurs ! 

K.O. 


http://www.calirezo.com/site2015/


 

Piette Terrasson, l'esprit taillé dans le rock : liberté et subversion



Pierre Terrasson n’est pas de ceux qu’on enferme dans une spécialité ou un style. Il évolue dans l’univers musical depuis plus de 25 ans, mais il fait aussi dans la mode, la pub et la réalisation, dans le reportage et la mise en scène. Épris de liberté, l’univers du rock a toujours eu ses faveurs. 

 

Un choix plus social que musical 



La musique, il connaît ; son père dirigeait l’Opéra du Rhin… Mais il n’est pas devenu le photographe des stars du rock et de la variété par goût musical. Il ne joue pas d’un instrument et n’est pas forcément attiré par ce type de musique ; non, dans les années 80, ce qui l’a séduit, c’est l’ambiance, le côté subversif, le souffle de liberté, générés par ce milieu. 

Aujourd’hui encore, quand il photographie les Strokes (ci-contre) et des groupes de rap, ou tourne le premier clip du groupe de rock corse « Qui », c’est plus une manière de lutter contre l’embourgeoisement et le conformisme que par l’attrait musical. 

« Je préfère photographier les Strokes que Cure, du reste personne ne me le propose, qui n’ont plus rien à voir avec leurs origines. J’ai photographié Robert Smith*, à Londres, en 1983, quand il accompagnait encore Siouxie, le photographier maintenant a moins d’intérêt. » 

 

Rock et variété : un trésor musical archivé et annoté 



De 1980 à 1990, Pierre Terrasson collabore avec toute la presse rock et généraliste du moment : Rock en stock, Rock & Folk, Best, The Sound, Guitares et claviers, Paroles et musiques, Libération, … Il photographie la plupart des stars et groupes émergents du moment : The Cure, Taxi Girl, Oberkampf, Orchestre Rouge, Marc Seberg, Higelin, Bashung, Renaud, Lavilliers, … Kat Onoma, Scorpions, AC DC, Motorhead, Motley Crue, …, etc. 

« Et puis j’en ai eu marre de passer ma vie dans les hôtels, à multiplier les concerts et les rendez-vous de presse, à amasser les photos et les stars, tels des trophées. Je perdais peu à peu ma liberté et mes envies d’images. J’ai voulu privilégier la photo, la relation, travailler sur la durée. Entre 5 minutes passées avec Lou Reed ou Robert Fripp et une année avec Vanessa Paradis, j’ai choisi Vanessa. » 


C’est le début de la période «variétés ». Après Vanessa Paradis qu’il suit sur le tournage de Noce Blanche, puis réalise la couverture de Paris Match et les pochettes des premiers singles, il enchaîne, Elsa, Jil Caplan, Carole Laure et Patrick Bruel. 

Des milliers de clichés souvent réalisés en exclusivité, archivés et classés, qui font aujourd’hui de Pierre Terrasson l’un des contacts privilégiés de la presse. La couverture de VSD, début janvier 2006, sur France Gall puis Balavoine sur le Dakar pour la couverture de Chorus, c’est lui… Gainsbourg à la une de VSD puis Bruel dans Paris Match, c’est encore lui. Il ne se passe pas une semaine sans que la presse ou l’édition sollicite Christiane, sa femme, responsable des archives et de la mémoire sensible du studio. 

Mais Pierre Terrasson sait aussi collaborer avec des magazines moins connu comme Respect, et il a d’autres projets de ce type. 

«En photo, Le point commun entre des études à l’école nationale supérieure des Beaux Arts et l’univers du rock, c’est le désir de liberté.» 

"En photo, je suis autodidacte. J’ai beaucoup apris avec mes assistants qui sont de bons techniciens. Pour l’éclairage, tout vient de mon expérience de la scène et des concerts. J’adore travailler avec de vieux Cremer équipés évidemment de lentilles de Fresnel. "

 

Le studio, à Aubervilliers, pour la mise en scène 



L’atelier, à Aubervilliers, où il travaille et réside, lui a été alloué par le Ministère de la Culture à sa sortie de l’école nationale supérieure des Beaux Arts de Paris, il y a plus de 25 ans. 150 m2 en Dupleix et 5 m de hauteur sous plafond nichés dans les dédales d’un OPHLM. « A l’heure actuelle, alors que les photos se vendent moins bien qu’en 1980, avoir son propre studio est certainement une hérésie, mais j’y tiens. 

Pour moi, la photographie est un vrai métier, avec sa dimension manuelle. Pas seulement du concept. J’ai besoin du labo et de la chimie, du studio pour construire des décors et des éclairages. Pour avancer dans ce métier, il faut tout faire : du reportage mais aussi du portrait avec mise en scène. » 

Publicité pour Honda, images peoples, couvertures de magazines, pochettes d’album, affiches, la photographie de studio représente un bon tiers de sa production. Et Pierre Terrasson ne s’arrête pas là. Après avoir réalisé les clips de Lucid Beausonge et des Infidèles, il vient de boucler celui du groupe « Qui », tourné en 16 mm, avec l’ancien Champion du monde de boxe, Fabrice Bénichou, comme acteur principal. 

Aujourd’hui, Pierre Terrasson est un peu triste, triste que Agfa disparaisse, que Kodak ait arrêté la Technical Pan, que Polaroid ait sabordé le Polapan et le Polagraph, que le numérique s’impose partout, lui qui tire encore sur papier à grade fixe, travaille au « Blad » 500CM et se balade en Volkswagen Karmann ghia, mais le mouvement et la jeunesse l’emportent. La jeunesse de sa fille Julie, cinéaste terminant son premier court-métrage et préparant un futur long, embarquant son père comme premier assistant, jeunesse des Strokes ! et autres rappeurs venant chercher auprès de lui les images de leurs prochains albums. Si possible des images subversives. 
 

« Je suis très indépendant de nature et mes expériences en agences n’ont pas été très concluantes. L’une d’elles, en 1980, m’a égaré tout un reportage en noir et blanc sur Klaus Nomi ! » no comment.» 


Niels Sidsel 

http://www.photo-terrasson.com/

 
 
Numéro : #01 Pierre Terrasson , Cali Rézo
Mai 2006


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