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En photo Publié le 21 juillet 2015

Gueule d’Ange – Numéro 21 – Will Japs

Rencontrer Will Japs, c’est s’exposer à un déferlement d’informations, non pas sur sa manière de photographier ou sur son parcours professionnel, mais à propos des pays et régions qu’il a visités.

De l’anatomie de la baleine à l’histoire du baobab, de la vie des pirates sur l’île Sainte Marie au 18ème siècle à celle des hommes des dunes au cœur de Madagascar, il est intarissable. Sur dix années de voyages, il a gardé en mémoire une multitude de détails, noms de villes, régions et ethnies, qu’il énonce avec délectation comme de précieux trésors de vie. Cette érudition, née des recherches menées en amont de chaque reportage, n’assèche en rien sa curiosité de l’autre. On sent aux confins du regard ce besoin de tout savoir de l’autre, de celui qui lui fait face comme de ceux qui l’entourent. Le côtoyer permet de mieux comprendre sa photographie. Une photographie qui s’éloigne du documentaire – les mots sont là pour ça – et cherche dans un sourire, un geste, une attitude, l’instant de grâce qui dira tout sur la beauté intérieure de la personne, beauté générationnelle, impliquée dans la nature environnante. 

 
​Will Japs

Voyageur et Photographe


 

Les îles Lofoten, l’expérience de la lumière




Tout commence au nord du cercle polaire. C’est aux îles Lofoten, célèbres pour leurs lumières et leurs pics enneigés que Will Japs vit ses premières émotions photographiques. Sportif de haut niveau pratiquant l’athlétisme et le basket, puis coach pour de jeunes athlètes, il choisit la Norvège pour son premier grand voyage, à la découverte du soleil de minuit. Il s’y rend à vélo, la tente sur le porte-bagages et l’appareil photo rivé à la poitrine. Nous sommes en 1995, la photo est argentique et il a embarqué suffisamment de films. L’idée de faire de l’image est déjà là, mais l’expérience est nouvelle. Le voyage est réussi et les photos sont une heureuse surprise. C’est le départ de deux passions conjuguées celle du voyage qui assouvit une inextinguible curiosité de tout et la photographie qui répond au besoin de créer et de partager. 

 

Du sport au voyage



« Je me suis très tôt investi dans le sport, principalement l’athlétisme. Je ne savais faire que ça. C’était mon seul univers. Un accident au tendon d’Achille a d’un coup tout remis en cause. A ce moment là, la photographie a représenté une porte de sortie, une possibilité d’avenir. J’aurais pu rester dans le domaine du sport et profiter de mes connaissances pour réaliser de bonnes photos du genre, mais je voulais m’échapper, miser sur le voyage, cette nouvelle passion grandissante.  

À partir de là, j’ai beaucoup voyagé, visité une multitude de capitales, dans le monde entier. Mon exigence photographique a évolué, mes choix sont devenus plus sélectifs, je suis passé au numérique et j’ai très vite adoré travailler mes images sur l’ordinateur, les légender, associer le plaisir de l’image et celui de la recherche documentaire. »

Au Japon, où il suit une troupe théâtrale, il ne se limite pas aux photos exotiques, même si son œil de photographe peut y faire merveille, il concentre son travail sur le marché aux poissons qui lui donnera l’idée d’un reportage sur les trajets de migration des thons, d’où une étude approfondie du monde la pêche, qui le mènera à Madagascar et prochainement à Zanzibar.

 

Madagascar grandeur nature



À Madagascar, où il reste deux mois, il vit avec les pêcheurs, les hommes des dunes mais aussi les citadins dans les différentes capitales ethniques. Il va du Nord au Sud,  sur les hauts plateaux, les côtes, les déserts et cette fameuse allée des baobabs. Autant de décors variés et colorés qui le plus souvent servent son désir de portrait et de rencontre des ethnies. Cette fois, il photographie en numérique, plutôt en couleur mais aussi en noir et blanc et privilégie le grand angulaire.

« À Madagascar les paysages paraissent infinis, immenses et purs. L’utilisation du Grand angle est un minimum. J’utilise beaucoup le 16 mm, mais voudrais encore plus, saisir tout l’espace dans une vue. Même pour les scènes de vie je choisis souvent le grand angle car je ne veux pas isoler les personnages de leur décor. C’est un tout. Je veux montrer le côté positif des gens, les saisir dans un mouvement naturel, qu’ils se déplacent librement dans le cadre, privilégiant le dynamisme du sujet à celui de la composition. » 

Il faudra plusieurs mois et l’épreuve de sélections successives pour que le reportage prenne forme, pour que les images de ce voyage effectué en 2008 ne soient plus seulement de beaux instants à partager entre amis ou sur la toile, mais un ensemble cohérent, avec du sens. Aujourd’hui, une exposition est organisée dans les locaux de Terres d’Aventure et dans les corners artistiques des grands magasins Galeries Lafayette et BHV. C’est un succès.

« Jusqu’à présent le plaisir du voyage primait. Je n’ai pas encore le réflexe d’aller présenter mes images aux agences et organismes de presse, mais après le succès de cette expo, je pense que mon prochain périple, certainement à Zanzibar, un nom qui à lui seul fait voyager, ou au Vietnam au sein d’une organisation humanitaire, sera plus photographique, avec une véritable ambition d’être édité. »

 


Un site informatif



Pour mieux connaître Will Japs il faut se rendre sur son site “www.willjaps.com” et y découvrir l’étendue de son registre, depuis les vues lumineuses des principales capitales internationales à celles intimistes et colorisées du bloc opératoire, en passant par la photographie en studio, du rappeur au top model. Chaque image est documentée. Cliquez sur la Tour Eiffel et vous avez accès à son historique, sur le baobab et vous avez tout sur ses origines et devenir. 

 

Négatif+,  partenaire des expositions

 

« Fidèle du laboratoire Négatif+ depuis le début, j’ai eu le tort de me laisser séduire un temps par l’aura des grands laboratoires professionnels. Mal m’en a pris. Trop cher, beaucoup trop cher ! Chez Négatif+ la qualité est là, et le prix est divisé par quatre ! De plus, les techniciens sont agréables et à l’écoute, avec aussi une certaines culture du voyage que l’on ressent notamment  au travers des expositions présentées à l’accueil et du magazine Gueule d’Ange. Tous mes tirages d’expo, en 60 cm de large, à partir de fichiers numériques, sont réalisés par le laboratoire de la rue La Fayette. »





Niels Sidsel


http://fr.actuphoto.com/willjaps

 
 
Numéro : 21 Spécial Will Japs
Avril – Mai – Juin 2011


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