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En photo Publié le 7 juillet 2015

Gueule d’Ange – Numéro 7 – Bruno Morandi

Bruno Morandi, le sens des couleurs Le Plaisir du voyage.


J’ai rencontré Bruno Morandi dans une petite pièce, au 6e étage, surchargée de classeurs et dossiers qui débordent d’images : tirages, dias, affiches, cartes postales. 

Les murs s’effacent sous le désordre et l’amoncellement pour laisser à découvert le seul bureau et son ordinateur. Sur le grand écran, apparaît le site « brunomorandi.com », conversion ordonnée de près de 20 ans d’archives photographiques. Tout y est, de la parution dans le catalogue de Terres d’Aventure au reportage dans Géo. Plus de 5000 photos directement accessibles en Haute définition, après adhésion et mot de passe. Les couleurs se répondent et se fondent d’un écran à l’autre, les destinations se succèdent au mépris de la géographie et Bruno Morandi, personnage très humble, toujours en préparation d’un départ imminent, peut laisser ses images dire l’essentiel.Au commencement, il y a eu le voyage. Un appel d’aventure, de liberté et de découverte qui a bousculé la vie paisible et ordinaire à laquelle Bruno Morandi était destiné : études d’architecture brillamment entamées, famille originaire de Toscane douée pour la douceur de vivre. À 18 ans, il part pour deux mois au Népal. Aujourd’hui encore, c’est avec la Mongolie sa destination préférée, il parle la langue et aime s’y ressourcer, retrouver les émotions et les lumières qui l’ont assailli aux prémices de sa vie adulte. 

« On ne part pas au Népal sans appareil photo.Un ami photographe m’en a prêté un et ses conseils additionnés des quelques connaissances acquises durant mes études d’archi m’ont permis de ramener un reportage honnête et même quelques images qui ont intéressé les magazines. Une réussite inattendue, qui m’a fait prendre conscience que je pouvais associer le plaisir du voyage et l’expression photographique. Et peut-être en vivre…» 


À la suite de ce voyage, il se spécialise dans le voyage, devient accompagnateur pour Nouvelles Frontières principalement sur les destinations de l’Asie. Sa photographie se professionnalise, il répond à des commandes pour la réalisation de catalogues de voyage et pour la presse. Sa connaissance du pays (Népal, Pakistan, Ladakh, . ..) et son regard photographique affirmé font rapidement de Bruno Morandi l’un des auteurs reconnus du reportage de voyage. Mais pas seulement, car Bruno Morandi est avant tout un photographe et le voyage l’éloigne des contingences et du sédentarisme tant redouté, mais le sujet c’est l’humain, la rencontre, l’autre, la lumière et l’âme des lieux. 

 

Le choix de l’expression photographique



Début des années 90, il se lance et devient photographe professionnel. L’image prend le pas sur le voyage. “Il fallait que je me décide. Pour évoluer ma photographie ne pouvait pas se contenter d’une pratique amateur au gré des voyages. Il me fallait affronter les commandes dans leur diversité, qu’elles concernent l’architecture londonnienne, les lumières de Toscane ou les confréries religieuses au Guatemala. “

Le Ladakh pour le Figaro Magazine, le Soufisme au Pakistan, la Russie, Sur les Chemins de Toscane, pour Géo, Terres d’Asie pour Le Monde, le Rajasthan, le Maroc, le Mexique, Cuba, la Sardaigne, … la Turquie, l’Islande, toute la presse française et internationale, de nombreux titres en Chine, publient ses images et le missionnent sur tous les continents même si ses terres de prédilections demeurent le Népal (une trentaine de séjours dans cette région himalayenne) et la Mongolie (il vit depuis 7 ans avec une mongole). Sans oublier la Toscane où il passa tous les étés de son enfance et dont les couleurs et les lumières ont semble-t-il largement influé sur sa sensibilité artistique.

Il est représenté par les agences GETTY Images, SIME et AGEFOTOSTOCK. Il a signé trois livres sur la Toscane aux éditions Plume et Arthaud, un livre sur l’esprit du goût en Provence, un autre sur les tableaux du Rajasthan chez Flammarion et un livre sur le Népal paru dans la collection couleurs et lumières chez Arthaud. Affiches, Posters, cartes postales, l’édition représente une part importante de sa production.

“Le photographe ne doit pas se voiler la face, pour vivre, il faut aussi avoir une démarche commerciale et diffuser vers le plus grand nombre, dans des supports variés, appréciés du grand public. Bien sûr ma préférence va vers les sujets que je monte moi-même, qui s’inscrivent dans la durée, me permettant d’attendre la bonne lumière, la combinaison juste dans les formes et le mouvement, mais je réponds aussi aux commandes et j’essaie de réaliser les belles images attendues par le grand public, colorées et exotiques. C’est mon métier.” 

Et quel contraste entre la carte postale représentant le séchage des saris au Rajasthan qui bat des records d’édition et le sujet “Hijra” sur une communauté de transsexuels au Pakistan totalement admise et intégrée dans ce pays musulman que l’on présente comme extrémiste et intransigeant. Bruno Morandi nous montre comme souvent que le monde n’est pas tout noir ou tout blanc mais dans la variété des couleurs. 

 

Un style au-delà des couleurs

Equilibre du cadre, proximité et discrétion



Bruno Morandi a le sens des couleurs. C’est la première remarque qui vient à l’esprit quand on regarde ses images. Les couleurs chatoient, se répondent et s’assemblent dans une harmonie parfaite. Elles sont un supplément de lumière et de vérité, elles ne se substituent jamais à la maîtrise du cadre ou la force de l’instant. En cela Bruno Morandi s’affirme avant tout comme un bon, un très bon photographe, travaillant son cadre dans l’équilibre et l’épuration des formes, traquant la magie de la photographie dans ces instants de grâce, volés au temps et donnés à celui qui, dans l’ombre, l’action, attend et surprend. 

“J’adore le noir et blanc et j’aime passer du temps au laboratoire pour sortir de beaux barytés mais la couleur s’est imposée professionnellement puis je me suis aperçu que je pouvais l’intégrer à mes images sans les dénaturer, au contraire. Mes origines toscanes y sont certainement pour beaucoup. “


Depuis 2 ans, il a opté pour le tout numérique. “C’est tellement plus simple. Je vérifie immédiatement si l’image me convient, elle est légendée et archivée le soir même sur mon ordinateur portable qui désormais me suit partout. Je travaille rarement dans l’urgence de l’actualité, mais quand je pars plusieurs mois, je peux ainsi envoyer régulièrement mes images et enchaîner les reportages sans passer par Paris. » Bruno Morandi est équipé d’un Nikon D200.



Niels Sidsel



http://www.brunomorandi.com/#!/index

 
 
Numéro : 07 Spécial Bruno Morandi
Octobre – Novembre – Décembre 2007


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